L'OMS définit les médicaments contrefaits comme des produits qui sont étiquetés frauduleusement et de manière délibérée pour en dissimuler la nature et/ou la provenance. La contrefaçon peut concerner aussi bien des médicaments de marque que des produits qui contiennent les principes actifs ou des principes actifs en quantité insuffisante. La contrefaçon de médicaments peut prendre des formes diverses : elle peut toucher le conditionnement extérieur du médicament (la boîte et les différentes mentions obligatoires), l’emballage primaire qui enveloppe le produit ou encore le médicament lui-même.
Les faux médicaments ne sont donc pas des malfaçons dues à des mauvaises conditions de fabrication, mais bien des produits destinés à tromper l'utilisateur. Ils sont le fruit d'une activité criminelle internationale organisée et en constante évolution ce qui complique leur détection : il est presque impossible d'identifier des médicaments contrefaits à l'oeil nu, même pour un spécialiste. Seul un contrôle de la composition du produit effectué en laboratoire peut permettre de faire la différence.
Il ne faut pas non plus confondre les contrefaçons de médicaments avec les médicaments génériques qui sont la copie légale de médicaments existants dont le brevet est tombé dans le domaine public : les médicaments génériques sont des vrais médicaments.
Il est enfin important de rappeler que les médicaments ne sont pas des produits comme les autres. En effet, tout médicament doit obtenir avant sa commercialisation une autorisation de mise sur le marché (AMM) de la part des autorités sanitaires françaises ou européennes. L'AMM est un gage de sécurité et de qualité : en ne respectant pas les exigences de l'AMM, les faux médicaments entraînent un risque pour la santé publique.
La contrefaçon de médicaments en chiffres
En Europe, une personne interrogée sur cinq, soit l’équivalent de 77 millions d’individus, reconnaît acheter des médicaments délivrés uniquement sur ordonnance en dehors des circuits autorisés (1,2). En France cela représente 14% des personnes interrogées (1,2) soit 6,9 millions d’individus (1,2).
Des millions d’internautes achètent ainsi sur Internet des médicaments de prescription, sans savoir qu’entre 50 et 90 % des médicaments vendus en ligne sont des contrefaçons (6,7).
Le marché des faux médicaments est par ailleurs estimé à plus de 10,5 milliards d’euros par an en Europe. En France, ce marché représenterait près de 1 milliard d’euros (1,2).
Le nombre de médicaments contrefaits passant les frontières de l’Europe a été multiplié par six entre 2005 et 2007, passant de plus d’un demi million à plus de 4 millions (4,5).
Selon les Français interrogés, l’achat de médicaments sur Internet est motivé pour :
- 32% par le gain de temps et de commodité (1)
- 32 % par un souci d’économie (1)
- 27 % pour obtenir sans prescription médicale un médicament délivré uniquement sur ordonnance (1).
Risques et dangers des médicaments contrefaits : comment s'en protéger ?
Les médicaments contrefaits sont généralement fabriqués par des personnes ne possédant pas les qualifications requises. Ils peuvent contenir une dose trop faible ou trop forte des principes actifs (10,11), voire aucun principe actif ou des produits différents de ceux annoncés, mais ils sont aussi et surtout susceptibles de contenir des ingrédients toxiques et nocifs, comme de la mort-aux-rats, de l’acide borique ou de la peinture à base de plomb (8,9).
Les médicaments contrefaits peuvent ainsi entraîner des échecs thérapeutiques, voire la mort, pour les patients qui les consomment (10,11).

Fabrique clandestine de faux médicaments. Chine, fin 2005
Les achats de médicaments en ligne sont tentants pour les personnes qui recherchent la confidentialité en évitant une visite chez le médecin ou parce qu'ils n'osent pas demander à leur pharmacien les médicaments qui leur ont été prescrits.
Cependant, aucun site Internet n'est actuellement autorisé à vendre un médicament de prescription à partir de la France. Et pour les sites étrangers, aucun contrôle ne peut s'exercer sur eux. Il est par conséquent toujours possible d’accéder à des sites proposant toute une gamme de produits vendus comme médicaments.
En France, la vente de médicament est réservée aux pharmaciens : ce principe simple est inscrit dans le code de la santé publique. C'est pour cette raison que la contrefaçon reste absente du circuit officiel en France et qu'aucune contrefaçon n'a été à ce jour découverte dans les pharmacies d'officine. Les consommateurs français sont protégés de ce fléau grâce à une maîtrise de la distribution pharmaceutique, réglementée depuis le fabricant jusqu'au pharmacien d'officine en passant par le grossiste-répartiteur : la traçabilité de la chaîne permet de remonter aisément à la source en cas de doute.
En conséquence, si vous voulez être et rester en bonne santé :
- demandez systématiquement conseil à votre médecin ou à votre pharmacien ; toute anomalie dans un médicament doit vous alerter (apparence du conditionnement, efficacité moindre, réactions secondaires inhabituelles) ;
- n’achetez pas de médicaments délivrés uniquement sur ordonnance s’ils ne vous ont pas été prescrits ;
- si des médicaments vous ont été prescrits par votre médecin, ne les achetez pas en dehors des circuits autorisés.
Pfizer prend position afin de protéger la sécurité des patients
En France, comme ailleurs dans le monde, Pfizer mène une lutte tous azimuts contre la contrefaçon :
- coopération avec les institutions telles que l’administration des Douanes et l’AFSSAPS
- mise en place de dispositif anti-copie : étuis à fermeture inviolable, étiquettes intelligentes, techniques spécifiques d’impression des packagings (rendant difficile la reproduction de ces derniers) et bientôt le Datamatrix (technique d’encodage des informations permettant la traçabilité du produit)
- signature le 16 décembre 2009 de la charte de lutte contre la contrefaçon sur Internet qui réaffirme le principe du monopole pharmaceutique : seuls les pharmaciens sont à même de fournir les conseils nécessaires pour protéger la santé et la sécurité des consommateurs.
Par conséquent, l’offre de médicaments ne doit pas être présente sur les plate-formes de commerce électronique et exclue l’existence d’un marché d’occasion de tels produits. Ces plate-formes s’engagent à mettre en place des mesures conformes à l’état de l’art, afin de détecter les offres portant sur des médicaments et d’empêcher leur mise en ligne.
Si malgré la mise en oeuvre de ces mesures, une telle offre n’est détectée qu’après sa mise en ligne, les plate-formes de commerce électronique s’engagent à la retirer sans délai et à prendre toutes mesures pour empêcher sa remise en ligne ultérieure.
En savoir plus
Pour plus d'information, vous pouvez consulter :
- le communiqué de presse à propos de l'étude sur la contrefaçon "Cracking counterfeit" menée à l'initiative de Pfizer ;
- le site Internet du Leem, organisation professionnelle représentative des Entreprises du Médicament en France ;
- le site Internet de l'AFSSAPS, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé ;
- le site Internet de l'AIHUS, l'Association Inter-Hospitalo Universitaire de Sexologie si vous recherchez des renseignements par rapport à la santé sexuelle.
Sources
1. Résultats de l’étude de Nunwood en novembre 2009. Enquête de consommation en ligne. 14 000 participants. Pays concernés : Royaume-Uni, Belgique, Suisse, Espagne, Norvège, Danemark, Suède, Autriche, Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Finlande et Irlande.
2. Statistiques de marché Nunwood 2008.
3. The Independent. Fake drugs on the rise in the EU. 8 décembre 2009. Dernier accès décembre 10 sur http://www.independent.co.uk/
4. Report on community customs activities on counterfeit and piracy, European Union, Taxation and Customs Union, 2007. Dernier
accès novembre 2009 sur http://ec.europa.eu/
5. Faucherand P. The evolving problem of counterfeiting and piracy. Presentation at Workshop in the Application of Targeted Risk Management on IPRs for Customs and Economic Police. 2-6 avril 2007. Dernier accès novembre 2009 sur http://www.ecapproject.org/
6. European Alliance for Access to Safe Medicines: The Counterfeiting Superhighway, 2008, Medicom.
7. Dans PharmaTechnologist News. Dernier accès octobre 2009 sur http://www.in-pharmatechnologist.com/
8. Solomon, S. BC Woman killed by fake drugs bought online. National Review of Medicine. 2007; 4:13.
9. Données internes Pfizer.
10. Fiche d’information OMS. Counterfeit medicines. Dernière révision 14 novembre 2006. Dernier accès novembre 2009 sur http://www.who.int/
11. Fiche d’information OMS et IMPACT. Counterfeit drugs kill! Dernier accès novembre 2009 sur http://www.gphf.org/