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Publié le 5 mai 2021

Les leçons de la pandémie de la Covid-19

henriette rosenquist

La Présidente de Pfizer France, Henriette Rosenquist, revient sur l’incroyable course contre la montre qui a abouti à la mise au point du premier vaccin contre le SARS-Cov2, consacrant le recentrage sur la science du Groupe Pfizer.

Votre laboratoire a été le premier, avec votre partenaire BioNTech, à proposer un vaccin efficace contre la Covid-19. Comment expliquez-vous cet exploit ?

Dès les premières heures de la pandémie, notre Président, Albert Bourla, nous a exposé le défi à relever. Il s’agissait de proposer aux populations un vaccin en moins d’un an, ce qui est inédit dans l’histoire de la médecine. Notre pari a été de miser sur une technologie pionnière, l’ARN messager, développée par notre partenaire BioNTech. Pour y parvenir, l’ensemble de nos équipes ont révolutionné leurs habitudes de travail. Par exemple, nous avons raisonné en parallèle et non plus en séquentiel, ce qui a permis à nos scientifiques et à nos cliniciens de faire progresser les essais cliniques à une vitesse sans précédent, et ceci sans compromettre à aucun moment la sécurité ou la qualité de notre vaccin. Nous avons aussi innové dans l’utilisation de la technologie numérique et dans la collaboration avec les organismes de réglementation. Autorisé en décembre 2020, notre vaccin apporte l’espoir de remporter la bataille finale contre le virus.

Le défi a également été de produire ce vaccin à grande échelle, dans des conditions optimales de sécurité ? 

En effet, et ce succès est le fruit d’innovations gagnantes successives. Nous avons mis en œuvre un plan inédit de production à grande échelle et de distribution aux quatre coins de la planète, ceci dans des délais records et sans jamais sacrifier aux exigences de sécurité qui sont extrêmement rigoureuses pour les vaccins. Nous avons vu l'ingéniosité humaine résoudre des problèmes que nous n'avions même pas envisagés il y a seulement 12 mois. Par exemple en inventant de nouveaux dispositifs thermiques pour garder notre vaccin à des températures ultra-froides pendant son transport, quelle que soit la région du globe. L’innovation n’est pas seulement scientifique et technologique, elle est aussi financière, règlementaire, organisationnelle… il fallait questionner toutes les étapes du circuit de production et de mise sur le marché pour accélérer les décisions et garantir la disponibilité du vaccin aux échéances prévues.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ? 

Les crises nous poussent à dépasser nos limites et, de fait, sont sans conteste des accélérateurs d’innovation. Celle que nous vivons aujourd’hui le montre parfaitement : en moins d’un an, l’impensable a été réalisé, avec la mise sur le marché de plusieurs vaccins, dont des vaccins pionniers basés sur la technologie de l’ARNm. Des enseignements de long terme doivent être tirés, d’abord dans le cadre des efforts déployés pour mettre au point des vaccins et des thérapies visant à lutter contre cette pandémie. Cette crise sanitaire mondiale consacre l’avènement du potentiel offert par les technologies numériques et l’exploitation des données, avec de formidables espoirs pour la santé de demain. Elle révèle également la puissance de feu de partenariats ouverts et fructueux, regroupant les acteurs de santé publics et privés autour d’un objectif commun. Elle pose enfin les bases d’une réflexion qu’il faudra, tous ensemble, mener après la crise : comment conserver l’agilité dans la décision, comment oser les investissements à risque et comment assouplir les règles sans transiger sur les principes d’efficacité et de sécurité ? Fort de son expérience, Pfizer entend participer à ce débat déterminant pour l’avenir de la santé.

L’épisode de la Covid-19 va-t-il accélérer les mutations de votre Groupe, engagé dans une profonde rénovation depuis 2018 ? 

Sans doute, même si c’est probablement ce travail de rénovation déjà lancé depuis trois ans qui explique notre capacité à répondre aujourd’hui présent face à la crise. Le Groupe a en effet engagé une profonde transformation de son modèle de développement, caractérisée par la cession récemment de l’activité Santé grand public et de l’activité Génériques de marque. Ces évolutions organisationnelles traduisent l’ambition d’un recentrage sur la science et l’innovation : nous voulons être plus agiles pour identifier rapidement des solutions de prévention ou de thérapie contre des pathologies incurables ou affectant fortement la vie des patients. Notre Recherche, avec un portefeuille de 95 molécules, des indications dans six domaines thérapeutiques, neuf programmes en cours d’enregistrement et vingt-quatre essais cliniques de phase 3, témoigne pleinement de cette ambition. Et la filiale France, que je dirige, prend toute sa part à cette stratégie au service de la science et de l’innovation pour les patients. Pour répondre aux besoins et nouveaux usages de l’univers de la santé, y compris en France, nous sommes déjà en train d’intégrer des innovations commerciales et opérationnelles dans nos façons de travailler avec nos parties prenantes externes. La pandémie de la Covid-19 a juste accéléré ces changements.