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AccueilActualitésCommuniqués de presseMaladies à tiques : les Français ne connaissent pas bien les conséquences d’une morsure

MALADIES À TIQUES : LES FRANÇAIS NE CONNAISSENT PAS BIEN LES CONSÉQUENCES D’UNE MORSURE

Plus aucune région épargnée, des cas d'encéphalite à tiques (TBE) qui sont en augmentation, des maladies encore sous-diagnostiquées : enquête sur un risque sanitaire qui s'installe dans le quotidien des Français. En dix ans, la carte des tiques a changé de visage. Longtemps cantonnées au Grand Est, au Limousin et au Massif central, elles ont aujourd'hui colonisé le sud de la France - Occitanie, Provence Alpes Côte d’Azur (PACA)1- et grimpent désormais jusqu'à 1 700 mètres d'altitude2. En 2025, les cas de TBE déclarés en France ont augmenté fortement en un an (+53%)3 - un département jusqu'ici épargné, la Lozère, a même enregistré son tout premier cas3. Et au-delà de la seule maladie de Lyme, dont l'incidence est estimée à 50 000 cas par an4, ce sont des maladies encore mal connues - anaplasmose, babésiose, rickettsiose - qui gagnent du terrain, souvent passées sous les radars médicaux : diagnostic compliqué voire sous diagnostic, errance médicale….5 Pourtant, face à cette poussée silencieuse, les Français demeurent insuffisamment informés des risques des morsures de tiques et inégalement protégés : selon un sondage Opinion Way pour Pfizer, une majorité de Français ne se sent pas exposée au risque de piqûre lors de ses activités de plein air (54%), et encore plus d’1 français sur 10 n’adopte aucun des gestes de prévention recommandés (13%)6.

Une carte de France des piqûres de tiques bouleversée 

En 2024, 4,9 % des 18-79 ans déclaraient avoir été piqués au cours des douze derniers mois. Mais cette moyenne masque des écarts vertigineux : par exemple, le risque de piqûre semble être 7 fois plus important dans la région du Limousin par rapport à la région PACA7. On estime en France que 27% des tiques sont porteuses d’un pathogène et 4,5% d’entre elles porteuses de deux pathogènes ou plus8

Région Proportion des personnes qui déclarent avoir été piquées dans les 12 derniers mois
PACA 1,8 % 
Île-de-France 2,5 % 
Grand Est 8,8 – 10,4 % 
Limousin 13,4 % 

Pourquoi ces écarts ? Selon Christophe Wilcke, pharmacien à Spincourt : « Trois facteurs concentrent le risque : la densité forestière (forêts de feuillus, hautes herbes, sous-bois)9, un climat humide9 propice à la survie des tiques, et la présence d'animaux réservoirs comme les cervidés et les rongeurs10. Le Grand Est et l’ancienne région Limousin cumulent ces trois conditions - ce qui en fait, encore aujourd'hui, les deux territoires les plus exposées du pays7 ». 

Mais l'équilibre se rompt. Ixodes ricinus, l'espèce responsable de la grande majorité des piqûres, a franchi les frontières du sud et colonise désormais des territoires longtemps considérés comme protégés par leur climat sec. Et sous l'effet du changement climatique, elle grimpe dans les Alpes et les Pyrénées, atteignant désormais des altitudes inédites2. Plus surprenant encore : alors que la forêt reste le principal lieu de piqûre (49 %), 31 % des piqûres surviennent dans un lieu familier - un jardin privé ou un parc public11.  

Résultats du sondage OpinionWay pour Pfizer6


Échantillon représentatif de 1 000 Français âgés de 18 ans et plus (méthode des quotas)

  • Notoriété des maladies : 82% des personnes interrogée déclarent connaitre la maladie de Lyme, contre 12% concernant l'encéphalite à tique. En parallèle, il est important de rappeler que selon ce sondage Opinion Way pour Pfizer, 50% des Français interrogés ne sont pas conscients des risques liés à une morsure.

  • Perception du risque : seulement 46% des personnes interrogées se sentent exposés lors des activités de plein air et 36% dans leur jardin. Pourtant plus de 30% des morsures de tiques surviennent dans un jardin public ou privé11.

  • Gestes de prévention : des gestes plus ou moins respectés par le panel interrogé : 49% utilisent des vêtements couvrants, 26% utilisent un répulsif, 45% inspectent leur corps à la suite d’une sortie et 43% ont un tire-tique à leur domicile.

  • Évolution perçue : 44% estiment que le risque augmente en France ; 35% dans le Nord-Est de la France, 17% en Ile de France

Lyme, encéphalite à tiques… et plusieurs autres maladies sous-diagnostiquées

Selon Christophe Wilcke : « La borréliose de Lyme, appelée communément maladie de Lyme, reste la maladie vectorielle à tiques la plus fréquente, avec environ 50 000 cas estimés par an en France4 ». Elle se traduit dans 80% des cas par une éruption cutanée caractéristique - appelée érythème migrant - apparaissant 3 à 30 jours après la piqûre, et se traite par antibiotiques5. On observe par ailleurs 800 hospitalisations par an en moyenne pour cause de syndrome de Lyme dont la moitié sont des neuroborréliose12. Mais chez 6 à 20 % des patients traités, des symptômes invalidants peuvent persister au-delà de 6 mois5. Ce syndrome post traitement de la maladie de Lyme, longtemps mis en doute, est désormais reconnu par la HAS, qui recommande depuis 2025 une prise en charge pluridisciplinaire dans l'un des 5 Centres de référence des maladies vectorielles à tiques5. Pourtant, seulement 39,6 % des Français se déclarent bien informés sur la borréliose de Lyme7.

L'encéphalite à tiques quant à elle illustre, plus brutalement encore, l'expansion de ces maladies vectorielles peu connues. 98 cas déclarés en 2025, contre 64 l'année précédente : +54% en douze mois3. 84 personnes hospitalisées, 16 départements touchés, un premier cas en Lozère - un département jusque-là considéré comme hors zone3. Bien que la majorité des infections par le virus de l'encéphalite à tiques soient asymptomatiques (70 à 98 % des cas), la TBE est considérée comme l'une des neuro-infections virales les plus sévères, pouvant se manifester par des atteintes neurologiques grave (encéphalite, encéphalo-myélite...)13, avec environ 40 % des adultes symptomatiques qui développent des séquelles persistantes au-delà d'un an5,18, perturbant durablement la qualité de vie5 et plus rarement des décès (< 1% létalité avec le sous-type européen)13. En l’absence de traitement antiviral spécifique, la prévention constitue donc le principal levier de lutte contre la maladie5. Enfin, il est important de noter que le nombre de cas rapportés pourrait être sous-estimé en raison des limites de la surveillance et d’un sous-diagnostic difficile à quantifier, même si l'amélioration de la connaissance de la maladie contribue aujourd'hui à un repérage plus fréquent des cas5.

Le tableau ne s'arrête pas là. D'autres maladies transmises par les tiques — anaplasmose14, babésiose, rickettsioses (liste non exhaustive) sont documentées en France5. Encore mal connues, elles peuvent être largement sous-diagnostiquées : l'absence de symptômes spécifiques et le manque de tests systématiques font qu'elles peuvent passer souvent inaperçues5

Face au risque, les bons réflexes du Dr Christophe Wilcke - pharmacien à Spincourt (55)

Les tiques ne sont pas seulement en forêt : on les trouve aussi dans les champs, les prés, les jardins, et elles peuvent entrer dans les maisons notamment via les animaux familiers15.

Avant et pendant une sortie15 : vêtements longs et couvrants, chaussures fermées, pantalon rentré dans les chaussettes, répulsif cutané adapté, rester sur les chemins tracés.

Après une sortie15 : inspecter minutieusement tout le corps (creux des genoux, aines, parties intimes, aisselles, nombril, cuir chevelu, oreilles) ainsi que les animaux de compagnie. N’hésitez pas à répéter l’exercice le lendemain.

En présence d'une tique, la retirer le plus rapidement possible (en moins de 24 h) avec un tire-tique en tournant peu importe le sens (et non pas une pince à épiler), sans l'écraser, désinfecter, puis signaler la piqûre sur l'application Signalement Tique (citique.fr)15,16. Surveiller la zone pendant 4 semaines et consulter en cas d'éruption cutanée ou de symptômes anormaux.

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à aller consulter votre pharmacien, il saura vous conseiller et vous orienter vers un médecin si besoin.

Il n'existe à ce jour aucun vaccin autorisé en France contre la maladie de Lyme10 ; la vaccination contre l'encéphalite à tiques fait l'objet de recommandations spécifiques du Haut Conseil de la santé publique pour les personnes résidantes ou voyageant en zone à risque (Europe de l’Est…)17.

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Sources

  1. Jonas Durand et al., Ticks and Tick Born Diseases (2026).
  2. Tiques - Neuf espèces piqueuses identifiées en métropole - Actualité - Que Choisir (2026).
  3. Santé publique France – Bulletin national, Cas d’infection par le virus de l’encéphalite à tiques (TBE) signalés en France en 2025.
  4. Institut Pasteur, Maladie de Lyme (Borréliose de Lyme), 2026.
  5. HAS, Recommandation : Borréliose et autres maladies vectorielles à tiques, (Février 2025).
  6. Sondage OpinionWay pour Pfizer – « Les Français et les tiques », juin 2026, n=1000.
  7. Santé Publique France, Piqûres de tiques et borréliose de Lyme: connaissances, attitudes et pratiques
  8. INRAE/Anses/VetAgro Sup – Communiqué Programme CITIQUE : cartographie des tiques piqueuses (extension géographique et altitudinale d'Ixodes ricinus), 2026.
  9. Santé Publique France, Borréliose de Lyme : La Maladie.
  10. INRAE, Dossier Les tiques, un cas d’école (2024).
  11. Santé publique France, Baromètre de Santé Publique France : résultats de l’édition 2024 (2025).
  12. Santé Publique France, Borréliose de Lyme : Données. 
  13. Haute Autorité de Santé, Élaboration d’une stratégie vaccinale contre l’encéphalite à tiques (TBE) chez les sujets à risque d’exposition au virus de l’encéphalite à tique (TBEV), 2025.
  14. Haute Autorité de Santé – Recommandation de bonne pratique – Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques (Juin 2018).
  15. Haute Autorité de Santé – Fiche Mesures de prévention des piqûres de tiques à recommander lors d’une promenade en forêt, d’un séjour en zone boisée ou végétalisée (jardinage) ou d’une randonnée (2025). 
  16. Programme CiTIQUE – Application « Signalement Tique » : www.citique.fr
  17.  Recommandations sanitaires 2025 aux voyageurs - Recommandations sanitaires 2025 aux voyageurshttps://www.hcsp.fr/explore.cgi/hcspa20091023_encephatiquence.pdf
  18. Nygren TM, Pilic A, Böhmer MM, Wagner-Wiening C, Wichmann O, Hellenbrand W. Recovery and sequelae in 523 adults and children with tick-borne encephalitis in Germany. Infection 2023;51(5):1503-11. https://dx.doi.org/10.1007/s15010-023-02023-w
Publié le 10 juillet 2026 - PP-UNP-FRA-6016
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